Showing posts with label Francais. Show all posts
Showing posts with label Francais. Show all posts

Monday, February 17, 2014

Parachat Vayakel – Le Chabbat

La paracha débute par l’obligation de respecter le Chabbat : « Car pendant six jours, le travail sera fait et le septième jour sera pour toi saint, une journée de repos absolu en l’honneur d’Hachem ; quiconque travaillera en ce jour sera mis à mort. » Les commentateurs se penchent sur la formulation énigmatique de ce verset ; on aurait dû lire : « Car pendant six jours, tu travailleras », à la voix active, plutôt que « le travail sera fait », au passif . Ils expliquent que la Thora nous montre l’attitude à adopter, pour avoir la force de s’abstenir de faire une melakha (activité interdite) pendant Chabbat. Durant la semaine, la personne doit travailler pour gagner sa vie, elle ne peut pas croiser les bras et attendre que D. subvienne à ses besoins, si elle ne fait aucun effort. Elle doit faire sa hichtadlout, parce qu’Hachem en a décrété ainsi depuis la faute d’Adam Harichon. Mais en réalité, sa hichtadlout (efforts fournis) n’est pas la cause de son succès, c’est Hachem Qui en est l’unique Source. Pendant Chabbat, Hachem nous ordonne de nous abstenir de toute activité créative, afin d’intérioriser cette idée et le fait que tout le travail de la semaine n’est effectué qu’à cause du décret évoqué. Or, si quelqu’un estime que ses efforts sont l’origine de son gagne-pain, l’arrêt de travail pendant Chabbat lui sera très difficile ; selon lui, plus il travaille, plus il gagne et il trouve donc logique de travailler pendant Chabbat, comme durant la semaine. En réponse à cette attitude erronée, la Thora nous parle du travail fourni à la voix passive — car en vérité, l’homme ne fait pas le travail, c’est le travail qui est effectué pour lui. Hachem, pour ainsi dire, accomplit le travail et subvient aux besoins de chacun. Si l’on en est conscient, il sera bien plus facile de ne pas travailler pendant Chabbat, car on saura que notre travail n’est, en fait, pas la source de nos revenus . Cet enseignement ne se limite pas aux 39 travaux interdits par la Thora pendant Chabbat. Nos Sages ont instauré l’interdit de parler d’une melakha que l’on prévoit de faire en semaine . L’évoquer témoignerait aussi d’une mauvaise compréhension de la leçon du Chabbat, à savoir qu’Hachem subvient aux besoins de la personne. De plus, bien qu’il soit techniquement permis de penser à une melakha pendant Chabbat, il est toutefois louable d’éviter complètement ce genre de réflexions . Cela montre que l’on réalise réellement, à travers le Chabbat, qu’Hachem dirige le monde et que le fait de penser à une melakha est inutile. Cette notion est rapportée dans la guemara : on nous raconte, dans le traité de Chabbat, qu’un homme vertueux vit pendant Chabbat une brèche dans la barrière qui entourait son champ. Il programma de la réparer en semaine, puis se souvint que c’était Chabbat et se sentit coupable d’avoir pensé à une melakha pendant Chabbat. Pour montrer son regret, il décida de ne jamais réparer cette clôture et, en récompense, un câprier poussa miraculeusement, ce qui lui permit de subvenir aux besoins de toute sa famille . Deux questions se posent concernant cette guemara. Tout d’abord, pourquoi a-t-il décidé de ne jamais restaurer la barrière : en quoi était-ce une bonne chose et comment cela pouvait-il rectifier son erreur ? Deuxièmement, comment comprendre la récompense décernée, en quoi était-ce mesure pour mesure, une réponse à la décision qu’il prit de ne jamais colmater la brèche ? Nous pouvons répondre à ces interrogations grâce au principe que nous avons énoncé. Lorsque cet homme vertueux vit l’état de la barrière, il prévit de la réparer, oubliant momentanément l’enseignement de Chabbat ; Hachem est la Source de notre subsistance et les efforts de l’homme n’ont aucune valeur, sans Son aide. Pour rectifier son « erreur », il décida de ne jamais arranger la barrière, afin de montrer qu’il était en réalité conscient que ses efforts n’étaient pas l’origine de son gagne-pain. Hachem lui montra qu’il avait bien réagi et, mesure pour mesure, Il lui fournit une nouvelle source de revenus ; un câprier qui poussa sans aucune contribution humaine ! C’était la preuve qu’Hachem peut subvenir aux besoins d’une personne indépendamment de sa hichtadlout. Il est très difficile, durant la semaine, de ne pas se laisser duper à croire que la hichtadlout de l’homme lui permet de vivre et qu’Hachem n’est pas le Seul à subvenir à nos besoins. Le Chabbat nous offre l’opportunité de voir clairement que toute notre hichtadlout est, en fin de compte, inutile . Pendant Chabbat, tandis que les gens continuent de travailler dur pour gagner leur vie, les Juifs pratiquants cessent ces activités, reconnaissant qu’Hachem dirige le monde sans avoir besoin de la participation de l’homme. Comme nous l’avons expliqué, cette idée ne s’exprime pas seulement lorsque l’on s’abstient de faire une melakha, mais cela s’applique également lorsque l’on se garde de parler d’une melakha. Le plus haut niveau est atteint quand on évite de penser à une melakha que l’on doit faire. Tous ces interdits sont censés nous faire réaliser que toutes nos réalisations de la semaine ne voient le jour que parce qu’Hachem le désire. Puissions-nous tous mériter de respecter le Chabbat sans faire, parler ou penser à une melakha.

Monday, November 18, 2013

Parachat Vayéchev — Sortir de notre petit monde

Vers la fin de la paracha, Yossef HaTsadik se retrouve dans une situation désespérée, après dix ans de prison ferme, sans aucune libération en perspective. À ce moment, l’épisode de l’interprétation des rêves des ministres de Pharaon se déroule. C’est ainsi que débute son élévation soudaine jusqu’au poste de vice-roi sur toute l’Égypte. L’un des versets qui racontent la considérable amélioration de situation dans la vie de Yossef est facilement négligé. Après les rêves respectifs des deux ministres, ces derniers étaient très bouleversés, car ils n’en comprenaient pas le sens. En voyant leur mine défaite, Yossef demande : « Pourquoi semblez-vous abattus aujourd’hui ? » Cette question, apparemment sans importance entraîna l’interprétation des rêves puis la libération de Yossef et son ascension fulgurante au pouvoir. Si Yossef ne leur avait pas demandé la raison de leur désarroi, ils ne se seraient probablement jamais confiés à lui et la formidable opportunité qu’il soit libéré aurait été manquée. La petite prévenance de Yossef peut paraître insignifiante, mais il faut prendre en compte la situation dans laquelle il se trouvait à ce moment : il avait vécu dans des conditions épouvantables pendant dix ans, sans espoir réel de libération. Il aurait été compréhensible qu’il soit complètement absorbé par sa propre situation et qu’il ne remarque pas l’expression du visage des personnes qui l’entouraient. Qui plus est, il avait pour tâche de servir les deux ministres qui étaient des personnalités importantes en Mitsraïm – ceux-ci le considéraient certainement comme un subalterne et ne lui prêtaient absolument aucune attention. Pourtant, il mit ces éléments de côté et se soucia de leurs visages déprimés. Nous sommes tentés de vivre en nous focalisant sur nos propres vies au point que nous ne remarquons pas les besoins des autres. L’un des moyens de devenir un véritable baal ‘hessed (philanthrope) est de passer outre nos intérêts personnels et d’être attentif au monde qui nous entoure. Parfois, cela demande des concessions, de ne pas tenir compte de notre bien-être en faveur de celui des autres. L’exemple le plus remarquable se trouve un peu plus tôt, dans la paracha, lorsque Tamar est prise pour être amenée au bûcher. Elle avait toutes les chances d’avoir la vie sauve en montrant que les objets qu’elle détenait étaient ceux de Yéhouda. Néanmoins, elle se soucia plus de la gêne que cela aurait causé à Yéhouda si elle le faisait et garda donc le silence . La guemara déduit de cet incident qu’il vaut mieux se laisser mourir plutôt que de mettre quelqu’un dans l’embarras . Rabbénou Yona et Tosfot affirment que telle est la halakha (loi juive) ! Cela nous enseigne que parfois, nous sommes obligés de donner priorité aux sentiments d’autrui plutôt qu’aux nôtres. Les guedolim (grandes figures en Thora) incarnent parfaitement cette capacité de réduire à néant leurs propres besoins et à se concentrer sur ceux des autres. Le rav Moché Feinstein zatsal fut conduit en voiture par un jeune homme de sa yéchiva. Alors qu’il entrait dans la voiture, le ba’hour ferma la porte sur les doigts du rav, qui resta malgré tout silencieux, comme si rien ne s’était passé. Un spectateur abasourdi lui demanda pourquoi il n’avait pas hurlé de douleur. Le rav répondit que le jeune homme aurait certainement été très gêné de lui avoir fait mal ; rav Moché se contint et garda le silence. Cette histoire est connue, mais elle mérité réflexion ; rav Moché personnifiait cette aptitude à négliger ses sentiments pour éviter la peine de son frère juif. Ce n’est pas seulement dans les moments difficiles que nous devons nous focaliser sur les autres. Le rav Aharon Kotler zatsal et son fils, le rav Shnéor zatsal allèrent dire au revoir au rav Isser Zalman Meltser (le beau-père de rav Aharon) avant de quitter Erets Israël pour le mariage de rav Shnéor. Le rav Isser Zalman s’arrêta au milieu des escaliers en les raccompagnant, sans les escorter jusqu’à l’extérieur de la maison. Ils lui en demandèrent la raison et il expliqua : « Plusieurs de mes voisins ont des petits-enfants qui furent tués par les nazis, yima’h chemam (que leur nom soit effacé). Comment puis-je sortir et enlacer mon petit-fils, affichant ma joie en public, alors que ces gens ne peuvent en faire autant ?! » Ces démonstrations exceptionnelles d’altruisme peuvent être source d’inspiration pour nous. Souvent, nous pouvons dominer notre égocentrisme et prendre conscience de ce dont l’autre a besoin. Lorsque nous marchons dans la rue, nous avons tendance à être plongés dans nos pensées, mais il vaudrait la peine de prêter attention aux personnes qui nous entourent – il se peut que quelqu’un porte une lourde charge et aimerait bien qu’on lui prête main-forte . Quelques fois, sans raison particulière, nous restons focalisés sur notre petit monde. Par exemple, il arrive que celui qui fait la hagbaa (levée du séfer Thora) du Chabbat matin reste assis et porte le séfer Torah, sans ‘houmach en mains pour suivre la haftara (texte que l’on lit après la lecture de la Thora). Bien que les fidèles soient occupés à suivre la haftara, le fait de lui tendre un ‘houmach serait une marque d’attention appréciée. À Torah VaDaat, il arrivait qu’il manque des chaises dans la salle et les ba’hourim (jeunes hommes) devaient donc prendre des chaises d’une autre pièce. Le rav Shraga Feivel Mendelowitz zatsal disait qu’un jeune homme qui n’apportait qu’une seule chaise pour lui-même n’était qu’un simple porteur, tandis que celui qui en apportait deux, l’une pour lui-même et l’autre pour son ami, était un baal ‘hessed . Plusieurs actes de prévenance peuvent illuminer la vie d’une personne. Nous apprenons de Yossef que nous ne pouvons jamais savoir quelles seront les conséquences d’un bienfait. Le Alter de Slabodka zatsal disait que l’on ne peut également jamais savoir quel salaire nous allons recevoir pour un petit acte de ‘hessed. Il évoque l’incident lors duquel Yaacov Avinou enleva la pierre du puits afin que tout le monde puisse en boire l’eau. Cette petite sollicitude ne semble pas vraiment compter parmi les nombreuses mitsvot que Yaacov accomplit au cours de sa vie. Pourtant, elle est un grand mérite pour le peuple juif. Chaque année, nous récitons une prière spéciale pour la pluie – tefilat haguechem. Dans cette tefila, nous rapportons certaines actions vertueuses des patriarches, telles que la victoire de Yaacov sur l’ange d’Essav. Or, nous mentionnons également le fait que Yaacov retira cette pierre : « Il [Yaacov] se dévoua et fit rouler la pierre de l’ouverture du puits – en sa faveur, ne retiens pas l’eau. » Chaque bienfait accompli avec un cœur sincère a une valeur inestimable. Puissions-nous tous apprendre de nos Avot (patriarches) et être de véritables donneurs.

Monday, October 28, 2013

Parachat Toldoth – Le potentiel d’Essav – le point de vue de Rachi

« Les enfants s’entre-poussaient en son sein… » (Beréchit 25:22) Rachi comment sur « [les enfants] s’entre-poussaient » : Quand elle passait devant les entrées de lieux d’étude de la Thora de Chem et Ever, Yaacov s’agitait pour sortir [du ventre de sa mère]… Quand elle passait devant des lieux d’idolâtrie, Essav s’agitait pour sortir… Dans un précédent Dvar Thora, nous avons parlé du comportement de Yaacov dans l’utérus. Celui d’Essav est tout aussi troublant : le midrach rapporté par Rachi semble impliquer qu’Essav était mauvais depuis le stade embryonnaire. Les commentateurs soulèvent une question sur ce midrach ; certaines sources affirment que le yétser hara n’entre en l’homme qu’au moment de sa naissance, or selon ce midrach, Essav avait déjà un fort yétser hara dans le ventre de sa mère! Le rav Nathan Weiss chlita répond en analysant de plus près les mots de Rachi — ce dernier dit uniquement qu’Essav voulait aller vers les lieux où l’on s’adonnait à l’idolâtrie, mais il ne nous précise pas ce qu’il voulait y faire. Cela signifie qu’Essav avait une tendance innée pour les lieux déplorables, mais le fait d’exploiter ce penchant de manière constructive allait dépendre de lui, à partir de sa naissance. La meilleure façon d’agir aurait été de détruire de tels endroits, plutôt que d’en être détruit spirituellement. Nous voyons donc qu’Essav n’était pas mauvais déjà dans le ventre de sa mère, mais qu’il avait une prédisposition qui pouvait être utilisée pour le bien ou pour le mal. En effet, une analyse approfondie des sources rabbiniques décrivant les premières années d’Essav prouve que ce dernier possédait effectivement une grande capacité à combattre le mal. La Thora décrit le jeune Essav comme « un homme qui savait chasser » . Le midrach nous fournit une explication sur ces mots : il chassait les criminels avec sa bouche ; ces derniers niaient leur implication dans le crime et il les piégeait de façon à ce qu’ils admettent la vérité . Le Targoum Yonathan sur le même verset fait une révélation encore plus étonnante — Essav tua en réalité le chef des idolâtres, Nimrod. Il avait donc évidemment une capacité à abolir le mal. Si Essav avait continué à canaliser son attirance naturelle pour le mal de manière positive, il aurait sans doute atteint de hauts niveaux et accomplit le rôle qu’Its’hak souhaitait de sa part. Au lieu de cela, il se laissa aller à l’immoralité ambiante et devint un personnage de la pire espèce. Le midrach nous informe qu’un tout autre personnage du Tanakh (Pentatheuque) avait une inclination similaire à celle d’Essav – le vertueux Roi David. Quand Hachem envoya Chemouel HaNavi oindre David pour le faire devenir roi, il vit qu’il était roux. La couleur rouge symbolise le meurtre et quand Chemouel vit que David avait ce tempérament, il eut peur qu’il devienne un tueur comme Essav. Hachem le rassura en lui disant que David utiliserait cette impulsion convenablement et qu’il la mettrait en application quand la halakha (loi juive) le dicterait. Effectivement, David tua plusieurs ennemis du Klal Israël. Nous avons vu comment le penchant naturel d’Essav pour le mal n’impliquait pas obligatoirement qu’il allait fauter, mais plutôt qu’en grandissant, il utilisa son libre arbitre de manière négative. Cela nous enseigne une leçon importante quant à la façon dont une personne développe ses traits de caractère. Chaque trait de caractère peut être utilisé négativement ou positivement ; on peut choisir d’exploiter cette qualité à des fins égoïstes ou de la canaliser de façon positive, pour accomplir la volonté d’Hachem.

Sunday, October 13, 2013

Parachat Vayéra – Utiliser le bien pour le bien

La paracha commence par le récit du ‘hessed incroyable qu’Avraham Avinou fit avec les trois anges. Tout de suite après, on nous relate la descente des anges à Sodome ainsi que la destruction de la ville qui suivit. Le rav Yaacov Kamenetsky zatsal fait une remarque intéressante quant à la juxtaposition de ces deux incidents ; tous deux mettent l’accent sur la hakhnassat or’him (l’accueil réservé aux invités) . L’histoire d’Avraham est l’exemple type de l’attitude à avoir concernant harkhnassat or’him et la façon optimale de subvenir aux besoins des invités. Nous voyons comment Avraham met sa santé de côté et n’épargne aucun effort pour mettre ses invités le plus à l’aise possible. Immédiatement après, la Thora nous mène vers la ville de Sodome et montre l’antipathie de ses habitants pour cette même mitsva, la hakhnassat or’him. Nous voyons que la vie de Loth fut menacée parce qu’il nourrit et logea des visiteurs étrangers. Pourquoi la Thora insiste-t-elle sur le contraste marqué entre Avraham et les habitants de Sodome ? Le rav Kamenetsky propose une réponse basée sur un autre aspect de l’épisode de Sodome. Hachem dit à Avraham qu’Il prévoyait de détruire Sodome à cause du manque total d’égards envers autrui qui y régnait. Avraham s’inquiéta infiniment pour ce peuple de mauvais et invoqua Hachem de façon si énergique qu’il fut obligé d’introduire sa requête en demandant à Hachem de ne pas se fâcher du fait qu’il parle avec une telle franchise. Le rav Kamenetsky explique que la Thora nous montre une facette du niveau incroyable d’Avraham dans le ben adam la’havéro (les relations entre un homme et son prochain). Il écrit qu’en général, lorsqu’une personne excelle dans un trait de caractère, elle est particulièrement exigeante quant au comportement des autres personnes dans ce domaine. Par conséquent, elle a tendance à les juger très sévèrement s’ils lui semblent montrer une faille dans cette qualité. Il donne l’exemple d’un homme qui fait très attention à manger du pain à séouda chelichit (troisième repas du Chabbat). Il aura tendance à considérer ceux qui se contentent de manger des fruits pour séouda chelichit de façon très catégorique. La Thora juxtapose l’épisode montrant la grandeur de la hakhnassat or’him d’Avraham et la position abjecte de Sodome à ce sujet, puis elle montre comment, malgré tout, Avraham plaida en leur faveur et supplia Hachem de juger Sodome avec miséricorde. Cela montre qu’Avraham ne tomba pas dans le piège du yétser hara (mauvais penchant) qui nous incite à juger autrui avec rigueur dans nos domaines de prédilection. En dépit de l’immense fossé entre son ‘hessed et celui de Sodome, il se soucia énormément de leur bien-être. Nous apprenons de l’explication du rav Kamenetsky qu’il n’est pas facile de considérer favorablement les faiblesses d’autrui dans les secteurs qui sont nos points forts. Pourquoi est-ce si difficile ? Quand une personne excelle dans une compétence, il lui est très difficile de comprendre comment d’autres personnes peuvent être moins méticuleuses dans ce domaine. Par exemple, si quelqu’un est très ponctuel, il aura beaucoup de mal à s’expliquer comment ses camarades peuvent être constamment en retard. Il est évident pour lui que le fait d’être retardataire témoigne d’un manque de considération vis-à-vis d’autrui. Sa avoda (« travail », efforts à accomplir) consiste à admettre que chacun a des points forts différents et qu’il existe certainement des domaines dans lesquels il est bien plus faible que l’autre. De plus, il lui faut se souvenir de la michna dans avot qui nous dit : « Ne juge pas ton prochain avant de te tenir à sa place ». Cela nous enseigne que les traits de caractère de l’individu sont basés sur sa vie et qu’il est alors impossible de juger l’autre, car nous ne savons pas comment nous aurions réagi si nous avions été dans son cas. En intériorisant cet enseignement, on peut reconnaître que chacun a ses propres points forts et ses propres lacunes et qu’il ne convient donc pas d’être contrarié des imperfections des autres dans ses propres domaines de prédilection. Il existe un autre exemple montrant la grandeur d’Avraham dans ses relations avec d’autres personnes qui se situent à un niveau inférieur au sien. Au début de la paracha, la Thora décrit en longueur le délicieux repas qu’Avraham proposa à ses visiteurs. Le rav Issakhar Frand chlita souligne qu’Avraham lui-même était certainement peu intéressé à manger de tels mets. Néanmoins, il n’imposa pas son niveau personnel de perichout (éloignement du monde physique) à ses invités et n’épargna aucun effort pour leur servir un plat délicieux. Le rav Frand décrit comment l’une des plus grandes figures des générations récentes excella dans ce domaine, celui de ne pas imposer ses propres exigences aux autres ; dans le réfrigérateur du rav Moché Feinstein zatsal se trouvaient divers condiments, comme des sauces goûteuses… Il est évident que le rav Moché Feinstein lui-même n’accordait pas de grande importance à l’ajout de telles sauces pour agrémenter son repas – il vivait à un autre niveau, où de tels plaisirs physiques étaient insignifiants. Pourtant, il n’infligeait pas aux autres un tel niveau. Il existe plusieurs façons d’imposer ses propres desiderata à autrui de manière négative. Par exemple, quelqu’un peut être très propre et soigné, ce qui est évidemment une qualité permettant de vivre selon un séder (ordre). Cependant, il est fort probable qu’à un moment dans sa vie, cette personne soignée sera dans une situation où elle devra s’accommoder avec d’autres personnes, comme son conjoint (sa conjointe), ses enfants ou un camarade de chambre. Souvent, ces autres personnes n’aspirent pas à une propreté aussi rigoureuse dans la maison. Cela peut la contrarier, car elle souhaite que l’endroit soit rangé et nettoyé selon ses propres « normes de propreté ». Voilà comment l’on peut imposer sa façon de faire aux autres, ce qui semble être un comportement injuste vis-à-vis d’autrui. Une personne maniaque doit plutôt accepter que les autres puissent ne pas garder la maison aussi propre qu’elle le voudrait. Si elle se sent incapable de vivre correctement dans de telles conditions, elle doit se charger personnellement de maintenir la propreté de la maison selon ses impératifs. On pourrait parler longuement de la grande bonté d’Avraham Avinou. Le rav Kamenestky nous enseigne un autre aspect de ses relations ben adam la’havéro extraordinaires – il n’imposait pas ses exigences aux autres personnes et ne les considérait pas de manière stricte. Puissions-nous mériter d’utiliser nos bonnes midot (qualités) uniquement pour le bien.

Thursday, August 29, 2013

Parachat Nitsavim – Choisir la vie plutôt que la mort

« Regarde, J’ai placé devant toi la vie et le bien, la mort et le mal … J’ai placé la mort et la vie devant toi, la bénédiction et la malédiction ; tu choisiras la vie afin que tu vives, toi et ta descendance. » La Thora nous informe qu’Hachem nous a donné la possibilité de choisir entre la vie et le bien d’une part et la mort et le mal de l’autre. C’est en faisant le bon choix que nous pourrons servir Hachem correctement. Cependant, une difficulté apparaît dans le passouk ; la Thora indique deux « paires » de choix : entre le bien et le mal, entre la vie et la mort. Cela implique donc que nous avons l’inclination et la possibilité de pencher pour l’une ou l’autre de ces propositions. Concernant le bien et le mal, cette dichotomie est facilement compréhensible ; l’individu peut fréquemment se trouver devant la tentation d’opter pour ce que la Thora considère « mauvais », parce que parfois, le « mal » semble être ce qui nous procurera bonheur et satisfaction. Ainsi, la Thora nous informe qu’en notre for intérieur, les forces du bien et du mal se livrent bataille de façon constante. En revanche, il est plus difficile de comprendre que le choix entre la vie et la mort soit défini par la Thora comme une décision « difficile », ce qui signifie que l’on aurait une tendance naturelle à choisir la mort plutôt que la vie. Il n’est pourtant pas difficile d’opter pour la vie, l’envie ne nous viendrait certainement pas de lui préférer la mort ! Alors, pourquoi le choix entre ces deux directions est-il censé être si compliqué ? Le rav Noa’h Weinberg zatsal précise que lorsque la Thora parle de la « mort », elle ne fait pas simplement référence à l’absence de vie, mais à ce que cet état représente. Pour le comprendre, il nous faut déterminer le sens de son contraire, la vie. Lorsque la Thora parle de la vie, elle ne fait pas simplement référence au fait de respirer, mais plutôt au processus par lequel on grandit dans sa « avodat Hachem » et sa « avodat hamidot ». Être en « vie » suppose d’embrasser les défis que l’existence présente, en les utilisant pour devenir une personne meilleure. On peut donc opter pour « la mort » en évitant d’affronter les épreuves et en tournant le dos à ces opportunités difficiles par lesquelles on peut s’élever. Ainsi, choisir « la mort », c’est préférer le confort à l’effort, et une vie tranquille à une existence pleine de défis et de progrès… À présent, il nous est plus facile de comprendre en quoi c’est un choix difficile. Notons que le fait d’opter pour la mort n’est pas uniquement un manquement quant à l’accomplissement des mitsvot. Un homme peut respecter la Thora tout en choisissant la « mort » ; s’il ne cherche pas à s’améliorer et à combattre son yétser hara, il favorise l’option la plus commode – en d’autres termes, il choisit la « mort ». Ce qui est effrayant, c’est que l’on peut faire ce choix tout à fait consciemment et vivre toute sa vie en rythme de croisière. Si l’on ne fait pas d’effort pour améliorer sa relation avec Hachem, pour prier avec plus de kavana, pour être un meilleur conjoint ou parent, etc., on opte pour la facilité. À un niveau un peu plus profond, le choix entre le confort et le défi correspond en réalité, à la possibilité de se lier soit au corps, soit à l’âme. Le corps cherche à retourner vers adama, son point de départ ; cela se manifeste par une volonté de s’allonger, se reposer, jouir de divers plaisirs et d’agréments. Pour sa part, l’âme désire retourner vers chamaïm, dont elle est originaire. Cet attrait est représenté par la volonté de progresser et de grandir. Ainsi, chacun est constamment confronté à cette lutte, et tiraillé dans des directions opposées. La Thora, dans la paracha de cette semaine, nous informe que pour réussir dans notre tafkid (le but de notre existence), nous devons choisir la vie. Le jour de Roch Hachana, nous ne sommes pas seulement jugés sur les mitsvot que nous accomplissons, mais également sur notre façon d’être en général ; quelles sont nos chéifot - aspirations -, qu’est-ce qui nous importe, quels sont nos objectifs ? Le choix entre une vie facile (même en observant les mitsvot) et l’exploitation réelle de son potentiel représente un point essentiel dans la avoda d’une personne à Roch Hachana – il montre clairement ce qui est important à ses yeux. Puissions-nous mériter de vivre selon ce que la Thora appelle « “Haïm ».

Tuesday, August 13, 2013

Parachat Ki Tétsé – Exploiter au maximum ses qualités

« Un Ammonite et un Moabite n’entreront pas dans l’assemblée de Hachem. Même après la dixième génération, ils en seront exclus à perpétuité. Parce qu’ils ne vous ont pas offert le pain et l’eau à votre passage, lors de votre sortie d’Égypte, et parce qu’il a employé contre toi Bilam ben Beor, de Pethor, Aram Naaraïm, pour te maudire. » La Thora nous informe que Ammon et Moav sont les seuls peuples qui n’ont pas le droit, et ce, à perpétuité, de s’apparenter au peuple juif et elle nous donne deux raisons pour expliquer cette discipline sévère ; tout d’abord, ils ne se sont pas montrés hospitaliers vis-à-vis du peuple juif dans le désert. De plus, ils ont loué les services de Bilam pour maudire les Bné Israël. Les commentateurs demandent comment la Thora peut mettre en parallèle le manque d’hospitalité et le fait d’avoir fait appel à Bilam pour maudire notre peuple ; la volonté de maudire est certainement une faute bien plus grave que le manque de ‘hessed ! Le Béérot Its’hak explique que la Thora considère le fait de ne pas avoir proposé de pain et d’eau comme un acte atroce de la part d’Amon et de Moav , parce qu’ils avaient hérité d’une tendance naturelle à l’hospitalité de Loth, leur ancêtre. Ce dernier, en dépit de ses défauts, est présenté comme une personne très accueillante, compte tenu de ses efforts pour accomplir la mitsva d’akhnassat orkhim à Sodome. Il était prêt à se mettre en danger de mort pour subvenir aux besoins des voyageurs. En tant que descendants de Loth, Ammon et Moav avaient hérité de cette même mida, mais ils agirent délibérément contre leur nature et refusèrent de donner du pain et de l’eau au peuple juif qui voyageait dans le désert et avait sûrement besoin de ces denrées de base. De manière objective, le fait de louer les services de Bilam pour maudire les Juifs est un acte plus grave. Mais compte tenu de leur niveau de be’hira, leur refus d’aider les Juifs fut traité avec autant de rigueur et les exposa à cette sanction particulièrement stricte. Nous pouvons tirer plusieurs leçons de cet épisode. Tout d’abord, nous apprenons qu’une personne est jugée d’après sa propre nékoudat habe’hira (le niveau où se situe son libre arbitre) et que son comportement est évalué avec plus de sévérité dans les domaines où il excelle. Ainsi, exploiter ses points forts doit être une partie essentielle du travail sur soi. Dans cet ordre d’idées, l’exemple d’Ammon et de Moav est particulièrement éloquent ; en effet, pourquoi est-ce précisément à ce propos qu’ils trébuchèrent, alors qu’ils y excellaient de façon naturelle ? En réalité, leur bonne mida de hakhnassat orkhim ne provenait pas d’un travail sur soi. C’était une qualité innée qu’ils avaient héritée de leur ancêtre. Étant donné que leur akhnassat orkhim n’était pas dirigée par les lignes de conduite de la Thora, il était presque inévitable qu’elle soit mal employée ou parfois pas employée du tout. Quand Ammon et Moav virent le peuple juif arriver, leur nature aurait certainement pu les pousser à leur proposer du pain et de l’eau, or leur haine et leur crainte du Klal Israël prirent le dessus sur leur mida de ‘hessed et les empêchèrent de fournir cette aide vitale. Nous en déduisons qu’une personne qui ne travaille pas sur ses qualités et ne les canalise pas selon les exigences de la Thora, en viendra à mal les utiliser, ou à ne pas les exploiter de manière optimale. Par exemple, une personne peut être sociable de nature, et refuser néanmoins de se lier d’amitié avec quelqu’un quand elle est fatiguée. Dans ce cas, sa mida innée n’est pas assez forte pour la mener vers la bonne voie, parce qu’autre chose, en l’occurrence la fatigue, fait obstacle et rend son altruisme difficile. En revanche, si elle lutte pour être gentille parce que c’est une grande mitsva de montrer aux gens qu’ils sont importants, alors elle sera bien plus capable de surmonter sa fatigue et de faire les efforts nécessaires pour aborder l’autre. On peut aussi apprendre de cet épisode qu’Ammon et Moav auraient pu atteindre de très hauts niveaux s’ils avaient utilisé leur mida de ‘hessed de façon optimale ; en effet, s’ils étaient sortis et avaient offert au peuple juif du pain et de l’eau, la Thora aurait très probablement pris en compte cet acte de générosité pour l’éternité et ils auraient, bien entendu, eu le droit de s’allier au peuple juif . Mais, parce qu’ils n’employèrent pas leur force correctement, ils sont considérés avec le plus grand mépris. Nous en concluons qu’une personne peut accomplir de grandes choses en exploitant au mieux ses points forts et que le fait de s’en abstenir est sévèrement puni. Le ‘Hafets ‘Haïm zatsal insiste sur ce sujet dans son séfer, ‘Homat HaDath, qui est une exhortation visant à protéger le Klal Israël des diverses influences laïques qui l’entourent. Il décrit longuement le besoin que chacun a d’utiliser pleinement son potentiel – par exemple, quelqu’un qui est doté d’une aisance à parler en public doit s’en servir pour discourir publiquement. Le même principe s’applique aux midot ; il est très probable que le tafkid d’une personne (son but dans la vie) exige l’utilisation maximale de ses bonnes midot. Nous apprenons donc de Ammon et Moav ce que signifie NE PAS utiliser ses qualités – puissions-nous user de cet enseignement et profiter pleinement des bienfaits qu’Hachem nous prodigue.

Monday, July 8, 2013

Ticha BéAv – Redéfinir la Sinat ‘Hinam (Francais, French)

Ticha BéAv approchant, il convient de chercher comment s’améliorer, afin de s’assurer que cette année sera la dernière sans Beth HaMikdach. La célèbre Guemara dans Guitin concernant Kamtsa et Bar Kamtsa est très riche en enseignements sur la cause de la destruction du Beth HaMikdach et sur ce que nous devons rectifier pour qu’il soit reconstruit. La Guemara nous apprend que Yérouchalaïm fut détruite à cause de Kamtsa et Bar Kamtsa. Un homme dont le nom n’est pas divulgué était l’ennemi juré de Bar Kamtsa, mais un ami de Kamtsa. Il envoya son domestique inviter Kamtsa à un festin, mais le messager invita par erreur Bar Kamtsa. Lorsque Bar Kamtsa arriva, l’hôte, furieux, voulut qu’il s’en aille. Mal à l’aise, il proposa de payer sa part et d’avoir le droit de rester. Quand cette proposition lui fut rejetée, il fut prêt à payer la moitié du coût total du banquet, pour peu qu’on ne le mette pas à la porte, mais cela aussi lui fut refusé. Plusieurs rabbins présents restèrent silencieux durant cet incident désagréable. Indigné de cette passivité, Bar Kamtsa entreprit de médire du peuple juif devant les autorités romaines, ce qui donna lieu à de malheureux événements et pour conclure, à la destruction. Le Iyoun Yaacov zt’’l demande pourquoi Kamtsa est jugé coupable d’une partie de ces événements, alors qu’il n’a rien fait dans cette histoire . Le Ben Ich ‘Haï zt’’l propose la réponse suivante : Kamtsa était en réalité présent au festin et vit comment Bar Kamtsa fut traité. Il aurait pu éviter tout ceci en expliquant le malentendu des invitations. Il existe un principe selon lequel si quelqu’un peut protester contre un méfait, mais ne le fait pas, il est tenu pour responsable de cet acte. Le Ben Ich ‘Haï poursuit en disant que cette réponse est encore plus fascinante selon le Maarcha , qui écrit que Bar Kamtsa était le fils de Kamtsa. S’il en est ainsi, Kamtsa était certainement au courant de la mésentente entre son fils et son ami, mais n’a tout de même rien fait pour les réconcilier. À cause de cette passivité, Kamtsa est en partie coupable de la destruction du temple. D’autre part, les rabbins semblent aussi être partiellement fautifs dans ces incidents, car ils ne firent rien pour éviter l’humiliation de Bar Kamtsa. L’inaction et l’insensibilité sont donc au centre de cette histoire et furent la cause des terribles conséquences que l’on sait. Si l’une de ces personnes présentes s’était efforcée d’éviter les injustices, le Beth HaMikdach n’aurait peut-être pas été détruit. Leur indifférence devant la tragédie qui se déroulait à leurs yeux traduisait leur passivité. Le fait que l’insensibilité fut à l’origine de la destruction du Beth HaMikdach semble quelque peu contredire la Guemara dans Yoma, qui affirme que la Sinat ‘Hinam (la haine gratuite) fut la cause ultime de la destruction . En réalité, une analyse plus profonde nous indique que la sinat ‘hinam ne désigne pas seulement une haine active, profonde, mais elle inclut également l’insensibilité. Nous apprenons cela de l’une des premières fois où la racine du mot Sina (haine) apparaît dans la Thora : dans la Parachat Vayétsé, après le mariage de Yaacov avec Ra’hel et Léa, la Thora nous dit : « Hachem vit que Léa était "senoua" (littéralement "haïe")» . Les commentateurs estiment qu’il est difficile de comprendre que Yaacov haïssait réellement Léa. Le Ramban explique qu’en réalité, quand un homme est marié à deux femmes, celle qu’il aime le moins s’appelle senoua – il ne la déteste pas, mais il l’aime moins que sa favorite. Ainsi, affirme le Ramban, Yaacov ne haïssait pas Léa ; c’est plutôt que son amour pour elle était moindre. Nous en déduisons que le mot Sina ne signifie pas forcément une haine active et viscérale, mais il peut indiquer un manque d’amour et d’attention. Donc, la sinat ‘hinam dont il est question dans la guemara de Yoma n’était pas nécessairement une haine virulente ; elle peut aussi avoir été une insensibilité et un manque de préoccupation à l’égard d’autrui. Dans le même ordre d’idées, Rav Yehonathan Eibeshitz zt’’l, écrit que la sinat ‘hinam décrite dans la Guemara ne se réfère pas à une haine active, mais à un désintéressement devant le fait que les autres ne tombent dans l’hérésie. Il note que de nombreuses sectes hérétiques se sont développées à cette période , et ce, parce que les gens ne voulaient pas émettre de réprimandes. Il s’exclame : « Existe-t-il quelqu’un de plus haineux que celui qui voit son ami se noyer dans une rivière [de fautes] et qui ne réagit pas ?!» Sur la base de cette définition de la sina, il est clair qu’il n’y a pas de contradiction entre l’histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa et la Guemara dans Yoma. La sinat ‘hinam dont on parle dans Yoma n’implique pas seulement la haine active et farouche , mais inclut également l’insensibilité vis-à-vis de la souffrance d’autrui et le refus de l’aider à s’élever spirituellement. Le fait que le Beth HaMikdach ne soit toujours pas reconstruit montre que ces failles sont encore très courantes de nos jours et qu’elles touchent de nombreux domaines de nos vies, comme partager la souffrance de l’autre, tenter d’aider les personnes moins chanceuses que nous, rapprocher ceux qui sont éloignés de la Thora. Nous vivons une période propice à l’amélioration de nos performances dans ces domaines et à l’amélioration de notre comportement d’une quelconque façon. Que Tiché BéAv soit le dernier jeûne et le dernier deuil que nous ayons eu à subir